Selon le ManpowerGroup Employment Outlook Survey, les employeurs belges prévoient une approche plus prudente de l’embauche au troisième trimestre 2026. Sur les 508 employeurs interrogés par ManpowerGroup en avril, 33 % prévoient d’augmenter leurs effectifs d’ici la fin septembre 2026, tandis que 25 % envisagent de les réduire. 39 % des répondants n’anticipent aucun changement et 3 % restent indécis.
Après ajustement saisonnier, la prévision nette d’emploi (Net Employment Outlook – NEO)(1) – la différence entre le pourcentage d’employeurs prévoyant d’embaucher et ceux anticipant des réductions d’effectifs – s’établit à un prudent +8 %. Cela représente une baisse de 5 points par rapport au trimestre précédent et de 12 points par rapport au troisième trimestre 2025. Avec ce chiffre, la Belgique se situe 8 points sous la moyenne de la région Europe et Moyen-Orient (+16 %) et 18 points sous la moyenne mondiale (+26 %).
« Selon notre enquête, les employeurs belges deviennent plus sélectifs dans leurs recrutements à mesure que l’incertitude économique persiste. La part des entreprises prévoyant de réduire leurs effectifs est passée de 16 % à 25 % en un seul trimestre, ce qui traduit une réelle prise de conscience des contraintes économiques », explique Ronny Lommelen, Managing Director de ManpowerGroup BeLux. « Cela dit, un employeur sur trois prévoit encore d’embaucher. Le marché reste actif, mais il devient plus polarisé, avec des recrutements ciblés et des dynamiques contrastées selon les secteurs. »
L’incertitude économique continue de façonner la manière dont les employeurs abordent la planification de leurs effectifs. Après plusieurs années de marché du travail tendu et de recrutements dynamiques dans le sillage de la reprise post-pandémie, les employeurs belges adoptent désormais une approche clairement plus défensive.
Les hausses d’embauche anticipées sont principalement portées par la croissance des entreprises, tandis que les réductions attendues sont largement attribuées aux défis économiques. Dans cet environnement, la priorité est donnée à la maîtrise des coûts, à la stabilité des équipes et à des recrutements centrés sur les compétences réellement stratégiques.
Comme au trimestre précédent, les employeurs de Flandre se distinguent par une plus grande résilience (+16 %), devant leurs homologues de Bruxelles (+5 %) et de Wallonie (+3 %). Les intentions d’embauche ont néanmoins reculé dans les trois régions par rapport à la même période l’an dernier : la Flandre reste quasi stable (-1 point), mais Bruxelles (-29 points) et la Wallonie (-19 points) enregistrent de fortes baisses. Pour la première fois depuis plusieurs trimestres, les trois régions affichent simultanément un recul annuel, signe que la prudence s’est généralisée à l’ensemble du pays.
Les intentions d’embauche varient fortement d’un secteur à l’autre ce trimestre. Les employeurs de l’Horeca (+45 %) affichent la prévision nette d’emploi la plus élevée, bien que ce chiffre repose sur un échantillon réduit et doive être interprété à titre indicatif uniquement. Il marque par ailleurs une forte baisse sur un an (-55 points), suggérant un retour à un rythme de croissance plus normalisé après une période exceptionnelle.
La véritable bonne surprise vient de la Finance & Assurance (+38 %), seul secteur à progresser sur un an (+2 points) et plus forte hausse trimestrielle, portée par la digitalisation et la conformité. Le Commerce & Logistique et la Construction & Immobilier affichent également des intentions solides.
À l’autre extrémité du spectre, l’Information (-17 %) enregistre les perspectives les plus faibles, tandis que les Services professionnels, scientifiques et techniques (-5 %) accusent la plus forte baisse annuelle parmi les secteurs disposant d’un échantillon représentatif (-45 points). L’Industrie manufacturière (+11 %), les Services publics, santé et services sociaux, et les Services aux collectivités et ressources naturelles affichent des intentions modérées ou stables.
« Plusieurs secteurs marquent une pause après des années d’expansion, en particulier dans les services technologiques, tandis que la Finance & Assurance retrouve de l’élan », ajoute Ronny Lommelen. « Dans le sous-secteur Tech & IT Services, les intentions d’embauche se sont nettement refroidies après une année très forte. Il ne s’agit pas d’un recul structurel, mais d’une recalibration du marché autour de compétences spécialisées à plus forte valeur ajoutée — précisément le type de profils qui restent les plus difficiles à trouver. »
Par taille d’entreprise, les organisations de 10 à 49 collaborateurs affichent les perspectives les plus positives (+14 %) et la plus forte amélioration par rapport à la même période l’an dernier (+4 points). À l’inverse, les très grandes organisations (5 000 collaborateurs et plus) enregistrent la plus forte baisse annuelle (-41 points), reflet de programmes de réorganisation et d’optimisation des effectifs dans plusieurs grands groupes belges.
L’enquête de ManpowerGroup, menée auprès de plus de 40 500 employeurs dans 42 pays et territoires, révèle que les intentions d’embauche restent positives à l’échelle mondiale. La prévision nette d’emploi mondiale s’établit à +26 %, en hausse de 2 points sur un an.
L’emploi subit une pression plus forte en Europe et au Moyen-Orient, où la prévision atteint +16 %, en baisse de 7 points par rapport au trimestre précédent et de 3 points sur un an.
Avec une prévision nette d’emploi de +8 %, la Belgique se classe parmi les plus faibles d’Europe. Comparée à ses voisins, la Belgique devance l’Allemagne (+6 %) et la France (+3 %), mais reste loin derrière les Pays-Bas (+23 %) et le Royaume-Uni (+37 %).
Ailleurs dans le monde, la prévision atteint +48 % en Inde, +45 % aux États-Unis, +33 % en Chine et +5 % au Japon.
Les résultats de la prochaine édition du ManpowerGroup Employment Outlook Survey seront publiés en septembre 2026 (4e trimestre 2026).
Téléchargez le Rapport Q3 2026 : ManpowerGroup Employment Outlook Survey